Water and land rights – hand-in-hand for sustainable development

The recent Stockholm World Water Week provided plenty of opportunities to explore the links between water and land rights, and the importance of these rights for ensuring sustainable development at both local and national level.

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Women smallholders replanting rice in the irrigated area around the Bagré dam in Burkina Faso (Photo: Barbara Adolph/IIED)

This was my second time at World Water Week. As regional coordinator of the Global Water Initiative (GWI) in West Africa, based in Ouagadougou, Burkina Faso, I travelled to Stockholm with colleagues from the International Institute for Environment and Development (IIED) and partners from Mali and Senegal.

'Water for development', the theme that set the scene for this year's conference, made the link with two big events on development and climate: the sustainable development summit taking place in New York in late September and the United Nations climate change conference in Paris (COP21) in December.

As a result, many of the sessions and workshops were about the Sustainable Development Goals (SDGs) and how to ensure water is thoroughly integrated into the expected climate agreement.

This year's theme fitted particularly well with our GWI work in West Africa on how to make large water infrastructure – especially dams and irrigation schemes – better in terms of benefit sharing and food security for local people.

We presented a side event 'Towards economically viable and socially just dams in West Africa' in collaboration with representatives of the Economic Community of West African States (ECOWAS), Initiative Prospective Agricole et Rurale (IPAR, a Senegalese think tank) and local communities of the Niger River Basin.

We also contributed to the workshop 'Water as a driver for sustainable development and poverty eradication', which focused on water and land rights. One of our main messages based on lessons learnt was that if governments want to build large multi-purpose dams to meet energy and irrigation objectives for the country, as they do, then they have to ensure proper conditions for sustainable development at every level.

No national without local

This means that we cannot talk about national development without talking about local development, and we cannot talk about macro-economic performance without paying attention to the rights of local communities over natural resources.

Our message included solutions, based on experience from, for example, the Kandadji dam in Niger, which shows that to succeed in meeting national development needs, it is necessary to invest in and foster local development.

During the week, the High Level Panel of Experts on Food security and Nutrition presented its latest report entitled 'Water for food security and nutrition'. One of the recommendations is on promoting a rights-based approach to water for food security and nutrition. Here we are, talking about rights again.

The right to food was referred to in the Universal Declaration of Human Rights (1948) and the human right to water recognised in 2010 by the United Nations General Assembly.

Both are fundamental and bring many challenges if we go back to the needs of food security and sustainable livelihoods for smallholder farmers in large irrigation schemes in West Africa: can we talk about rights to water and food without these farmers having secure land rights over the plots they grow?

The rights-based approach discussed in the session I attended reinforces the need to advocate for protected and secure land rights of smallholder farmers through innovative legal approaches and tools.

Investment impacts

The conference's Africa focus day was also very interesting with the sessions hosted by the African Ministers' Council on Water (AMCOW). Especially the one on investments in agricultural lands and water security in which the International Water Management Institute (IWMI) presented its research on the impacts of large scale investments in agriculture on water resources, ecosystems and livelihoods in Sub Saharan Africa – followed by the high level ministerial panel.

The IWMI study highlighted the need to improve coordination of land, water and environmental policies. I agree, particularly if we look again at the reality on the ground in large scale irrigation schemes or rice production in West Africa. The Fomi dam example on the Niger River in Guinea – which aims to provide irrigation downstream in Mali, but with strong environmental and social impacts on the Niger Inner Delta – is a good case to illustrate the necessity of inter-sectoral coordination.

This was the opportunity to highlight the need for complementarity and coherence in water and land governance and rights, to achieve sustainable irrigated agriculture for local communities while safeguarding the environment.

Incidentally, the ministerial session also gave us the opportunity to get in touch with the Senegalese minister for water. He is the current president of the ECOWAS water coordination committee in charge of leading the next Water Minister Council to adopt the ECOWAS directive on large water infrastructure. An important meeting that we, as IUCN, IIED and GWI, are supporting given that this directive is the output of a long regional dialogue process promoting better infrastructure.

As I said, Stockholm provided many opportunities!

Jérôme Koundouno (jerome.koundouno@iucn.org) is regional coordinator of GWI West Africa. This blog was originally posted by IUCN.

Droit à l’eau et droits fonciers – de concert pour un développement durable

Women smallholders replanting rice in the irrigated area around the Bagré dam in Burkina Faso (Photo: Barbara Adolph/IIED)

La récente Semaine mondiale de l'eau à Stockholm a offert de belles opportunités d'explorer les liens entre le droit à l'eau et les droits fonciers ainsi que l'importance de ces droits pour un développement durable aux échelles locale et nationale.

C'était la deuxième fois que je me rendais à la Semaine mondiale de l'eau. En tant que coordonnateur régional de la Global Water Initiative (GWI) en Afrique de l’Ouest, basé à Ouagadougou, au Burkina Faso, je me suis rendu à Stockholm avec des collègues de l'Institut international pour l’environnement et le développement (IIED) et des partenaires du Mali et du Sénégal.

« L’eau pour le développement », thème qui donnait le ton de la conférence cette année, établissait un lien entre deux grands événements sur le développement et le climat : le Sommet sur le développement durable qui se déroulera la semaine prochaine à New York et la conférence de l'ONU sur le changement climatique à Paris en décembre prochain. De ce fait, nombre des sessions et des ateliers portaient sur les Objectifs de développement durable (ODD) et comment faire en sorte que l’eau soit véritablement intégrée dans l’accord espéré sur le climat.

Le thème de cette année cadrait particulièrement bien avec les travaux de la GWI en Afrique de l'Ouest sur la manière d'améliorer les grandes infrastructures hydrauliques – notamment les barrages et les périmètres irrigués – en termes de partage de bénéfices et de sécurité alimentaire pour les populations locales.

Dans le cadre de la conférence, nous avons présenté un événement intitulé « Vers des barrages économiquement rentables et socialement justes en Afrique de l’Ouest » en collaboration avec des représentants de la Communauté Économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), de l'Initiative Prospective Agricole et Rurale (IPAR, un think tank sénégalais) et des communautés locales du bassin du fleuve Niger.

Nous avons aussi contribué à l'atelier sur « L'eau comme moteur du développement durable et de l’éradication de la pauvreté » en se focalisant sur le droit à l’eau et les droits fonciers. L'un de nos messages principaux fondés sur nos acquis était que si les gouvernements veulent construire des grands barrages à buts multiples pour répondre aux objectifs nationaux en matière d'énergie et d'irrigation, ils doivent, dans le même temps, veiller à mettre en place des conditions propices à un développement durable à tous les niveaux.

Cela signifie que nous ne pouvons pas parler de développement national sans parler de développement local et nous ne pouvons pas parler de performances macro-économiques sans prêter attention aux droits des communautés locales sur les ressources naturelles. Notre contribution comprenait des exemples tirés de notre expérience comme le cas du barrage de Kandadji au Niger, qui montre que pour réussir à répondre aux besoins de développement national, il est indispensable d’investir dans le développement local et de le promouvoir.

Durant la semaine, le Groupe d'experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition a présenté son tout dernier rapport intitulé L'eau pour la sécurité alimentaire et la nutrition. L'une des recommandations concerne la promotion d'une approche fondée sur les droits en matière d'eau pour la sécurité alimentaire et la nutrition.

Nous revoilà, encore et toujours, en train d'évoquer la question des droits. Il est fait mention du droit à l'alimentation dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 et le droit humain à l'eau a été reconnu en 2010 par l'Assemblée générale des Nations Unies.

Ces deux droits sont fondamentaux et soulèvent de nombreux défis du point de vue des besoins de sécurité alimentaire et de moyens d'existence durables pour les exploitants familiaux des grands périmètres irrigués en Afrique de l’Ouest : pouvons-nous parler de droits à l'eau et à l'alimentation sans que ces agriculteurs puissent jouir de droits fonciers sécurisés sur les parcelles qu'ils exploitent ?

L'approche fondée sur les droits abordée durant la session à laquelle j'ai participé renforce le besoin de plaider en faveur de la sécurisation et la protection des droits fonciers pour les exploitants familiaux grâce à des approches et des outils juridiques innovants.

La journée  « Focus Afrique » de la conférence a aussi été très intéressante et comportait des sessions organisées par le Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW). Notamment celle sur les investissements dans les terres agricoles et la sécurité en eau, lors de laquelle l'Institut international pour la gestion de l'eau (IWMI) a présenté ses recherches sur les impacts des investissements agricoles à grande échelle sur les ressources en eau, les écosystèmes et les moyens d’existence en Afrique subsaharienne – présentation suivie par le groupe ministériel de haut niveau.

L'étude de l'IWMI a mis en exergue le besoin d'améliorer la coordination des politiques en matière de foncier, d'eau et d'environnement. Je suis totalement d'accord, notamment si nous considérons la réalité sur le terrain des périmètres irrigués à grande échelle pour la production rizicole en Afrique de l'Ouest. L'exemple du barrage de Fomi sur le fleuve Niger en Guinée, qui vise à assurer une irrigation des terres en aval jusqu'au Mali, mais qui engendre en même temps de grands impacts sociaux et environnementaux sur le Delta intérieur du Niger, illustre bien la nécessité d'une coordination intersectorielle.

C'était là une occasion de souligner le besoin de complémentarité et de cohérence en matière de gouvernance et de droits à l'eau et au foncier, pour arriver à une agriculture irriguée durable pour les communautés locales tout en préservant l’environnement.

Un peu par hasard, la session ministérielle nous a aussi permis de rencontrer le ministre sénégalais en charge de l'eau. Il est actuellement le Président du Comité de coordination de l'eau de la CEDEAO et il a charge de diriger le prochain Conseil des ministres de l'eau pour l'adoption de la directive de la CEDEAO sur les grandes infrastructures hydrauliques.

Une réunion importante que nous – l'UICN, l'IIED et la GWI – appuyons largement car cette directive est le fruit d'un long processus de dialogue régional en faveur de meilleures infrastructures.

Comme je l'ai dit, Stockholm nous a offert maintes opportunités !

Jérôme Koundouno ((jerome.koundouno@iucn.org) du bureau of l'UICN pour l’Afrique de l'Ouest et centrale.