Haïti vise 31% de réduction des émissions de CO2 d'ici 2030

Article, 24 November 2015

Dans la sixième de nos interviews avec les représentants du Groupe des pays les moins avancés en prélude aux pourparlers de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) à Paris (COP21), Fanfan Jordan, directeur du programme sur le changement climatique du ministère de l'Environnement et perte et dommage.

Reponses

Fanfan JordanJJ: Tout pays qui veut s'impliquer dans la lutte contre les changements climatiques doit apporter sa contribution car il s'agit d’une cause mondiale. Ce problème met en péril la vie de l'humanité. La production de ce document en l'occurrence le CPDN va traduire la volonté de ces pays là.   

Haïti a également soumis son Programme d’actions nationaux d’adaptation (PANA), à travers ce programme on est en train de mettre en œuvre deux projets qui sont financés par le LDCF (Least Developed Countries fund). Il s'agit premièrement du projet de renforcement des capacités des communautés des zones côtières d'Haïti sous l'égide du Programme des nations unies pour le développement (PNUD) à hauteur de 3 millions de dollars américains et le projet de renforcement de la résilience en agriculture sous l'égide de la FAO dans le sud-est du pays. 

Le PANA est financé même si ce n'est pas à la hauteur qu'on aurait souhaité. Les deux projets précités sont financés à partir du PANA. 

En Haïti, on tient compte de dix priorités parmi lesquelles la sécurité alimentaire, la résilience des commuâtes au niveau des zones côtières. 

En matière de pertes, on a constaté des dégâts considérables tant au niveau du territoire principalement des terres arables qui auront des incidences sur la sécurité alimentaire. Il faut aussi tenir compte des pertes au niveau de la biodiversité. Ces pertes mettent en péril le processus de développement industriel et touristique de ces zones. Principalement en Haïti, on fait face aux problèmes de réchauffement des milieux marins et d’érosion des côtes qui détruisent les plages ainsi que les récifs coralliens constituant à leur tour une source de reproduction pour les poissons dans certaines régions du pays telles Camp-Louise, Saint-Marc, Grande saline et Coridon.

Pour l'instant aucune estimation de ces pertes n'a été faite, mais plusieurs ateliers sont déjà organisés pour former des gens sur la méthodologie à développer dans le cadre d’une telle démarche. En ce qui a trait au financement, je suis optimiste que cela va trouver du financement, mais certains pays riches ne veulent pas compenser les pays en développement. C'est pourquoi certains experts parlent plutôt de solidarité internationale pour aider les pays victimes du réchauffement climatique en lieu et place de préjudice qui sous-entend des poursuites légales et des dédommagements.

Un site de gestion des berges à Chantal , en Haïti , où le Programme de développement des Nations Unies (PNUD ) a aidé à construire des murs pour protéger les communautés des effets de l'ouragan (Photo: PNUD, Creative Commons via Flickr)

Les pays riches ont consenti des efforts, même si ces derniers sont insuffisants par rapport au besoin qu'il y a. Ils ont prévu, à travers les engagements de ces pays, d'alimenter à partir de 2011 le fonds à hauteur de 20 milliards de dollars par an. Les moyens sont disponibles, ce qu'il faut mettre en place, ce sont les mécanismes au niveau local pour renforcer les institutions afin d'attirer ces financements. Nous espérons bénéficier de ces fonds notamment du fonds vert climat (Green Climate Fund) destiné à la lutte contre le réchauffement du climat. En ce qui concerne les fonds provenant du Global Environment Facility (GEF), nous avons pu financer les deux projets issus du PANA qui se mettent en œuvre par le PNUD et le FAO à partir des fonds du GEF, il revient aux acteurs locaux de faire en sorte que ces financements apportent des résultats significatifs. 

Quant au secteur privé, il existe beaucoup d’opportunités. Le secteur peut tirer profit dans le sens qu'ils peuvent participer dans le cadre des transferts de technologies. A travers le Green Climate Fund, il y a un mécanisme qui permet au secteur privé d'intégrer le système soit en bénéficiant de prêt et de don. Dans le cas d'Haïti, on entend lancer un forum auquel aura pris part le secteur privé qui apportera sa contribution face aux enjeux du changement climatique dans la mise en œuvre de leurs projets. 

Vu le désir de développement des pays moins avancés (LDCs), les acteurs veulent inciter ces pays à mettre en œuvre des projets soucieux de la protection de l’environnement. On peut toujours se développer mais on tiendra compte des enjeux climatiques. Pour Haïti, on entend contribuer à une réduction de 31% notamment avec l’obtention du fonds vert climat (GCF) ainsi que d'autres sources de financement d'ici à 2030.

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