Comprendre les obstacles à la participation des femmes aux négociations de l’ONU sur le climat : perspectives des pays les moins avancés
Depuis 2008, les femmes ne représentent environ qu’un délégué sur trois aux négociations de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Étant donné la lente évolution de ce déséquilibre, la parité hommes-femmes au sein des chefs de délégation (dont environ seulement 10 % sont des femmes) ne sera pas atteinte dans un future proche.
Ce rapport de recherche examine les facteurs sous-jacents qui contribuent à la faible représentation des femmes. Il s’appuie sur les points de vue des délégués des 45 pays les moins avancés (PMA), qui ont en moyenne des taux de participation des femmes aux négociations de la CCNUCC inférieurs à ceux des autres régions.
Nous nous sommes concentrés sur quatre domaines d’analyse : la gouvernance ; l’éducation et les ressources matérielles ; les droits et la participation ; le leadership et la prise de décision. Nous avons interrogé plus de 140 personnes et interviewé 28 parties prenantes familières à la CCNUCC à propos de leur expérience des négociations et qui représentent les points de vue de 35 des 45 PMA.
Le rapport comprend également des études de cas du Mozambique, du Rwanda et de la Sierra Leone, qui ont récemment adopté ou mis en œuvre des politiques liées à l’égalité des genres, mettent en évidence des nuances et des adaptations que d’autres peuvent adopter et contextualiser en fonction de leur propre environnement.
Nos conclusions montrent que le manque de ressources financières joue un rôle majeur en termes de participation des gouvernements aux négociations, particulièrement en ce qui concerne la participation de femmes aux délégations. Une réflexion d’ensemble — portant sur les préjugés de genre potentiels durant la sélection des délégués, les normes culturelles, le processus de la CCNUCC, ce qui constitue le leadership et une participation significative aux négociations — apporte des perspectives plus nuancées à la discussion.
Le présent rapport regroupe une série de recommandations destinées aux gouvernements nationaux, au Groupe des pays les moins avancés, à la CCNUCC et aux bailleurs de fonds afin de favoriser une représentation plus inclusive et diversifiée dans les négociations de la CCNUCC. Nous espérons que ce rapport suscitera de nouvelles études ainsi qu’un partage d’expériences et de leçons en vue d’accroître la participation des femmes et des hommes des pays les plus vulnérables aux prises de décisions climatiques internationales.
Cite this publication
Available at https://www.iied.org/fr/22603iied